NEW Journal d'un militant

KIRK PUBLISHING Journal d'un militant

Tous les Français de mémoire arménienne doivent lire ce journal. En le tenant pendant quarante ans, Ara Krikorian a seulement tenu à relever les événements, grands et petits, qui jalonnent l’histoire des communautés arméniennes, singulièrement en France.
De 1971 à 1991, premier tome de son Journal, cette histoire s’ordonne autour de la reconnaissance du géno- cide : espoir déçu à l’ONU, montée puis explosion de
la violence, retour au droit dans les grandes instances internationales.
Ce livre, écrit dans la passion et souvent dans la douleur, est celui d’un militant qui avait tant à dire, mais qui a décidé de livrer aux commentaires de ses soeurs et frères
arméniens, des secrets trop longtemps confiés à la mémoire d’un journal.

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Descriptif

Préface

Tous les Français de mémoire arménienne doivent lire ce journal. Certes, ce n’est pas une éphéméride : il y a des trous de plusieurs jours ou semaines. En le tenant pendant quarante ans, Ara Krikorian a seulement tenu à relever les événements, grands et petits, qui jalonnent l’histoire des communautés arméniennes, singulièrement en France. De 1971 à 1991, premier tome de ses mémoires, cette histoire s’or­donne autour de la reconnaissance du génocide : espoir déçu à l’ONU, montée puis explosion de la violence, retour au droit dans les grandes instances internationales. S’il n’y avait que cela, ce serait déjà beaucoup. Mais Ara n’est pas seulement un chroniqueur, c’est, comme l’indique le titre de son livre, un militant. Il est entré très jeune dans un parti, le Dachnaksoutioun et, en 1971, quand il ouvre son journal, il accède à un poste de responsabilité. Dès lors, dans sa chronique, le Parti devient son obsession. On trouve à peine quelques lignes concernant sa vie privée, encore moins son activité professionnelle. Pendant ces vingt années, sa mémoire évolue au sein d’un parti et des responsables, pour la plupart ses amis proches, qu’il y croise.

Les réfugiés arméniens sont venus en France sans bagage, mais, pour nombre d’entre eux, avec des liens – ceux de leurs disparus ou survivants avec des partis politiques arméniens –, liens tissés avant le génocide. Les relations entre ces partis, souvent conflictuelles, furent plus tendues après l’annexion de l’éphémère République d’Arménie par les bolcheviks. D’un parti à l’autre, on peut préserver des amitiés, mais on se combat plus volontiers qu’on ne s’allie. Le parti dachnak est une grande famille. On y honore les anciens et, quand ils meurent, on célèbre leur parcours. On se réfère volontiers aux trois pères fondateurs lorsque germent des divergences d’opinion. On est en France et les intellectuels aiment à exposer et à défendre leur point de vue. Certains rechignent à se soumettre au diktat d’un Bureau mondial siégeant à l’étranger.

 

Ara est un militant d’un grand courage physique : il contrôle et domine ses souffrances, pourtant permanentes. Mais il est plus fragile quand il juge nécessaire, parce qu’il estime que c’est juste, d’affronter ses frères de combat. Alors, et c’est l’objet de ce livre, il tire les rideaux, ouvre grand les fenêtres et place sans se cacher des micros dans les pièces de la maison, sauf, bien sûr, dans la chambre des secrets. Il ne faut pas se tromper sur son intention. Ce journal n’est pas un règlement de comptes avec son Parti, mais un document historique. Son auteur dé­crit, au fil des événements qui marquent pour les Arméniens de France, ces vingt années, les discussions, les affrontements, les menaces et, finalement, les concessions ou les exclusions, au sein de ce parti. S’il lui advient de souligner les travers de tel ou tel de ses camarades, ce n’est jamais dans la méchanceté, tout au plus dans l’amertume. Avant de le juger, le lecteur doit relire avec attention, je dirais avec tendresse, son avant-propos. Tout est dans l’enfance de cet Arménien de la seconde génération de survivants : ses joies-souffrances – la mère courage, le père, le beau-père –, la guerre, l’après-guerre, Vienne, Paris 9ème, la petite misère. Cet enfant-là est un dur au coeur tendre.

Ara sait bien ce qu’il fait en me demandant d’écrire cette préface. Une amitié de quarante ans nous lie et il n’ignore pas que je suis entré en « Arménie » pour expliquer pourquoi et comment fut perpétré le génocide de ce peuple, et que j’y suis demeuré pour dénoncer sans relâche toute forme de négation de ce « grand crime » et pour initier une approche comparée de la Shoah et du génocide des Arméniens de l’Empire ottoman, afin de démontrer que, relevant de la même infraction du droit international, chaque génocide est à la fois singulier et différent. Il sait que je me garde bien de m’immiscer dans les affaires intérieures de la communauté arménienne, d’abord parce que cela ne me regarde pas, ensuite parce que j’ai noué trop de relations amicales avec des membres de partis opposés pour mettre ces relations en péril. C’est donc très librement que je préface ce beau livre, écrit dans la passion et souvent dans la douleur, par un militant qui avait tant à dire, mais qui a décidé de livrer aux commentaires de ses soeurs et frères arméniens, des secrets trop longtemps confiés à la mémoire d’un journal.

Yves Ternon

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